4 jours de road trip en 4x4 dans le sud Lipez de TUPIZA A Uyuni !

La Bolivie est sans doute mondialement connue pour son Salar unique au monde, de par sa taille et son altitude. Nous ne pouvions pas aller en Bolivie sans visiter cette zone époustouflante par sa diversité géologique offrant des paysages incroyablement divers.


Nous avions fait le choix de partir de Tupiza pour arriver à Uyuni. En temps normal, cette option permet d'être à contre courant sur les sites et améliore la qualité de voyage… Dans notre cas en période de pandémie, nous étions seuls partout !

Malgré tout, la progression dans les découvertes pour terminer par le Salar nous incite à le recommander à tous les voyageurs qui auraient envie de partir découvrir cette région.


Après quelques échanges avec des agences conseillées par les voyageurs des années précédentes, pour leur sérieux et le sérieux de leurs chauffeurs et véhicules, nous avons rapidement approfondis les échanges avec l’agence la Torre tour. Roberto nous a d'ailleurs beaucoup aidé à obtenir des renseignements fiables pour arriver en Bolivie et la quitter, quand il nous a fallu trouver un laboratoire qui acceptait de faire un test PCR en 10h à cause de jours fériés que nous n’avions pas anticipé (le carnaval est une vraie fête avec 2 jours feriés pour fêter ça dignement, on a été un peu surpris).


Donc sincèrement pour leur sérieux, la qualité de la prestation et leur gentillesse, nous vous recommandons sincèrement cette agence.

Jour 1 Tupiza - Guadalupe

Au petit matin, rencontre avec l’équipe qui sera au petit soin pour nous. Porfi et Vincente seront nos anges gardiens et malgré une timidité légitime nous blaguons un peu sur notre piètre niveau d’espagnol et Vincente nous rassure en disant qu’il va nous prendre en main. Lui comprend l’anglais du voyageur, même s' il n’ose le parler. Nous allons très bien nous entendre.

Les enfants sautent sur les places du fond du 4X4 et partent dans leurs aventures enfantines. Nous voilà partis chargés comme des mulets.

Première halte pour acheter de la coca et du pain. La route défile et le spectacle des paysages avec la lumière du matin nous enchante déjà.

Sur le chemin nous rencontrons notre premier troupeau de lamas qui gambadent au milieu de la nature accompagnés de leur jeune berger. Cet animal à l'allure débonnaire est franchement sympathique, l’air toujours un peu rêveur, curieux. Ils nous laissent bien souvent s’approcher d’eux sans vraiment fuir. Les plus petits, très nombreux quand nous y étions, donnaient franchement envie de les carresser tellement leurs pelages étaient d’un blanc immaculé et touffu !

Le midi nous déjeunons à Ciudad del encanto. Une cathédrale naturelle qui s’érode chaque jour avec le vent et l’eau. Même si Vincente tente de nous rassurer en nous disant que cela fait des siècles que c’est là, nous avons du mal à croire que ce petit trésor qui semble fait de sable gris clair sera encore là dans 200 ans. Cela paraît très friable et les effondrements qu’il nous montre prouvent bien que, probablement à un moment ou à un autre, ce lieu appartiendra au passé. Nous en profitons respectueusement.

Le repas est délicieux et Vincente nous a trouvé un petit coin pique-nique à la cale et au soleil… Il n’en fallait pas moins pour que mamie se réchauffe tel miss lézard et que Luc tombe le tee-shirt… Porfi timidement nous dit de nous méfier que le soleil réchauffe mais que l’altitude est là…(quelques jours plus tard tout le monde a eu un beau rhume)

La journée s’étire de découvertes en découvertes. Nous sympathisons avec notre équipe jusqu'à chanter ensemble “voyage-voyage” de Désirless quand la playlist “so 80” de notre chauffeur nous offre cette chance.

Nous montons sérieusement en altitude jusqu'à dépasser les 4200 mètres, Eric et Pascale subissent un peu, le doliprane apaisera Eric. Pour Pascale, Coca et dolipranes ne calmeront pas vraiment les maux de têtes. Martine comme toujours est une combattante qui n’en laisse rien paraître. Elle crapahute partout comme si elle avait 20 ans. Les Boliviens hallucinent de cette mamie blonde qui semble très bien s’acclimater.

Nous terminons la journée par la découverte d’un lieu vraiment surprenant et immense, la Ciudad Roma. Un point de vue sur les chaînes de montagne environnantes et une ville imaginaire façonnée par l’érosion.

Le spectacle est grandiose. Nous irons nous y balader accompagnés d’un guide car cette zone est protégée. Celui-ci répond aussi à nos questions sur les végétaux étranges que nous croisons sur le chemin et qui sont vraiment intéressants. Bon nombre d’entre eux ont des vertus médicinales.

Quand nous rentrons, l’orage s’est invité (visiblement le ciel n’a pas aimé notre interprétation douteuse de “voyage-voyage”) et une fois arrivés sur place nous constatons que notre petit hostel, ainsi que tout le village sont plongés dans le noir. Ce sera donc chandelle pour tout le monde et frontale. Nous sommes épuisés. Les enfants trouvent que c’est l’aventure. Nous découvrons que notre cuisinière travaille à la bougie depuis un moment, nous lui léguons donc une frontale. Elle nous offre chaleur et réconfort grâce aux plats qu’elle a préparés.

La nuit a été bercée par les orages, mais nous remercions notre hôte car les lits étaient chauds grâce à ses lourdes couvertures réconfortantes.

Jour 2 Guadalupe - Villa mar

Départ à 6h, la journée sera longue, Vincente a beaucoup de route, et soyons honnêtes, il ne s’agit pas de routes au sens où nous l’entendons en Europe. Cela l’amuse un peu d'ailleurs quand nous lui disons que chez nous les routes sans bitumes sont rares.

Je crois qu’il s’ennuierait sur ces routes, lui qui calcule à chaque instant comment nous épargner les secousses. Il a bien vu que Pascale avait encore mal à la tête.


Le propriétaire de notre logement, un homme très gentil, nous demande si nous acceptons de l'amener au village où sont scolarisés ses enfants. Au village, les véhicules sont rares et le bus passe 1 ou 2 fois par semaine. Bien entendu il reste une place et nous passons par là alors nous voilà partis à faire un bout de chemin tous ensemble, à bavarder mais surtout à rire quand nous essayons de nous comprendre. Ils se moquent de nous quand nous prenons une viscache pour un lapin, et nous adorons les voir rire de nous. Il faut franchir une rivière qui a bien monté avec les pluies de la nuit… La voiture devient instantanément silencieuse pour laisser à Vincente le loisir de se concentrer.

La neige ici et là s'est accumulée, offrant un nouveau visage aux paysages découverts hier.

Nous déposons notre invité et continuons la route.

Les lagunes permanentes et temporaires commencent à apparaître. La laguna Amarilla en cette saison n’est pas très impressionnante. Les flamants roses commencent aussi à peupler les montagnes ainsi que les superbes lamas et vigognes. Certains lamas sont même parés de laines de couleurs, tels des pompons, pour permettre aux bergers de retrouver leurs troupeaux quand ceux-ci se mélangent.


Le déjeuner se fera à la laguna celeste. Nous sommes seuls au monde dans un lieu qui, normalement, demande un peu de gymnastique pour faire une photo sans trop d’intrus. Nous marchons un peu à la découverte de ces lieux pendant que l’équipage prépare notre déjeuner. Luc ira à la chasse aux lézards qui ont des couleurs qui l’amusent. Il verra même un lézard rouge orangé avec la complicité de Pascale qui l’aide à relever quelques pierres pour les chercher.


Comme toujours le repas est top. Nous avons de belles discussions avec Vincente et Porfi. Chacun parle de ses expériences, du tourisme, de la réelle difficulté actuelle mais aussi de la chance de voir ces sites ainsi...Martine qui n’en peut plus de voir autant de soleil et d’eau ira se baigner dans une eau dont la couleur indique que la composition de ses sols n'est pas sans danger. Mamie sirène ne peut pas faire autrement et fonce à l'eau. Nos deux boliviens n’en reviennent pas, Vincente ira jusqu'à la filmer et nous assure qu’en plus de 20 ans il n’a jamais vu ça !

Porfi aussi s’amuse de voir ce spectacle.

Pascale finit par accepter un médicament pour soulager ses maux d’altitude, même si nous n’avons aucune idée de ce qu’il contient. Les Dolipranes ne suffisent pas. Et c’est une bonne chose car cela apaise vraiment.


Le soir nous arrivons à Villa-mar dans un hostel, nous sommes dans des conditions un peu plus confortables mais nous regrettons un peu la convivialité du village d’hier soir.

La fatigue aide tout le monde à trouver le repos rapidement après notre repas.

Jour 3 Villa Mar - Chuvica

Nous partons en direction des sites de Copa del mundo, et d’Italia perdida. Les garçons, avec l’aide de Vincente, grimpent partout. Jusqu'à un très haut rocher. Ils font la chasse au viscaches. Les lieux sont calmes et il s’en dégagent une énergie et un silence assez prenants. Bien entendu les enfants eux y voient des châteaux, des dinosaures et des canyons... donc le silence est vite brisé par des éclats de voix.

Nous commençons à voir apparaître des champs de quinoa. Nous approchons du Salar.

De-ci de-là depuis le début du voyage, nous avons croisé de nombreuses mines, d’or, de cuivre… ce qui nous a choqué d'ailleurs. Voir les conditions de vie et deviner les conditions de travail des locaux ne nous rend pas très fiers de l’utilisation que nous faisons de ces ressources.

Le plus surprenant a été de découvrir que dans le Salar une usine exploitait le lithium contenu sous son sol. D'après Vincente il s’agit de la plus grande ressource en lithium au monde… une matière dont a priori l’avenir aura besoin, qui aura une valeur marchande importante…

Et que deviendra le Salar quand nous aurons tous besoin de nos batteries…?

Et bien bim un claque de plus…

Lui est confiant en l'avenir, espérons que celui-ci lui donne raison.

En fin de journée nous arrivons à Chuvica. L'hôtel de sel est chouette, grand et nous sommes seuls. Une fois encore, nous imaginons la difficulté pour ces personnes à faire face sans leurs habituels revenus, et le nombre de personnes qui probablement sont touchés par la situation. Ici ce n’est pas le confinement qui les inquiète c’est de nourrir leurs familles, et pourtant personne ne se plaint. Ils sont même particulièrement sympas et attentionnés avec nous. Plus les jours passent, et plus nous sommes persuadés d’une chose, les Boliviens sont des personnes profondément gentilles.


Avant le coucher du soleil, Vincente nous accompagne sur le Salar, nous commençons à nous familiariser avec ce territoire. Nous touchons, grattons, goûtons… on essaye de comprendre ce que nous avons sous les yeux et sous les pieds. Nous observons le soleil se coucher.

Puis nous dînons à l'hôtel, et nous nous couchons tôt. Demain matin nous avons pour projet de voir le lever du jour, donc départ à 5h du matin!


Jour 4 Chuvica - Uyuni

Les enfants sont déposés dans la voiture à peine réveillés...Nous partons ne sachant pas au matin ce que le Salar nous laissera voir. Si l'eau est trop présente nous ne pouvons pas accéder à l'île au milieu du Salar. L'eau salée entraînerait trop de dégâts sur la voiture.

Il y a de l’eau au début de notre route. Nous attendrons que le soleil nous fasse l’honneur de se dévoiler. Le vent et le froid sont vite oubliés quand le soleil commence à illuminer le ciel.

Nous prenons la route d’Incahuasi pour le petit-déjeuner. Porfi nous chouchoute encore, un gâteau nous attend.

Après cette agréable pause, nous partons découvrir l'île aux cactus centenaires, c’est dépaysant et vraiment beau. Au sommet, nous profitons même du point de vue pour regarder le sel à perte de vue autour de nous.

C’est sans doute un des plus bel endroit de notre voyage, nous prenons le temps de l'apprécier, seuls encore une fois. Cette solitude est une chance à cet instant.

Le temps est magique et le soleil donne à ce lieu une lumière intense.

Nous poursuivrons notre route au milieu du sel, nous n'échapperons pas aux photos qui jouent avec les perspectives, Eric attendait impatiemment le dinosaure de l’agence, ayant passé tout le voyage à ses côtés ! L'exercice n’est pas facile pour les enfants qui s’impatientent vite d’entendre les instructions et de s’y astreindre. Vincente, bien au point, nous aidera un peu dans cette mise en scène amusante.


Nous nous arrêterons quelques minutes au monument du Dakar et sortirons du Salar à Colchani, où nous retrouverons les 4x4 d’autres voyageurs. Ce village, point de convergence, est une des portes d’entrée (ou de sortie) du Salar ; seuls les habitants de cette ville sont autorisés à exploiter le sel et le vendre. Quand nous passons dans le village, il est dépeuplé, les commerces sont fermés… le contraste est saisissant avec la beauté des lieux que l’on quitte.

Nous terminons notre aventure par la découverte du cimetière des trains d’Uyuni. Uyuni n’est pas une étape charmante. Le cimetière de train - malgré la singularité de ces vieilles locomotives rouillées, aux formes d’un autre temps - a été un peu décevant. Peut- être que le fait que ce soit la fin du voyage a amplifié cette sensation. Le lieu, qui était auparavant totalement perdu dans le désert, en-dehors de la ville, s'est vu rattrapé par l'urbanisation, partout on construit et les abords immédiats ne sont plus sauvages du tout, ce qui enlève du charme au lieu.

Cependant les enfants ont aimé se promener et grimper dans les trains, non sans quelques sueurs froides en ce qui nous concerne.

La fin de voyage se fera autour d’un dernier déjeuner tous ensemble. Tous un peu silencieux, fatigués, mais aussi mélancoliques de ces moments passés ensemble ; de nos fous-rires et des découvertes que nous avons faites et partagées.

Nos deux anges gardiens nous accompagneront et veilleront à nous aider à trouver le bon bus pour aller à la Paz. Nous nous quittons en sachant que nous ne nous reverrons plus, mais heureux d’avoir passé ce moment avec ces deux ambassadeurs d’un pays merveilleux.

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